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 Sibyl Von Lilie

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Sibyl Von Lilie
Humaine / Gitane / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne


Féminin
Nombre de messages: 41
Age: 22
Localisation du Personnage: La Chapelle
Race/Statut: Humaine / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne
Camp: L'Humanité
Date d'inscription: 20/10/2007

MessageSujet: Sibyl Von Lilie   Sam 20 Oct - 19:02

Nom : Von Lilie. Le " titre de noblesse " étant, bien sûr, un faux.
Prénom : Sibyl
Surnom(s) : Des surnoms ? Oh, elle en a tellement... Les deux plus courrant étant respectivement " Ma Fleur de Lys ", surnom affectueux lui étant administré par son père, compte tenu de leur nom, " La Sorcière " ou " La Bohémienne " par les commères du village et les mères de familles supersticieuses. " La p'tite Gitane " ou " La jolie Bohémienne " sont également fréquents de la part du restant des villageois, et je vous épargnerais les " Ma jolie ", " Ma beauté ", " Ma grande " et autres que lancent parfois les ivrognes et les soudards qu'il lui est arrivé de croiser, ou même le plus discret mais le plus méprisant " La petite Catin " que chuchotent tout bas les jalouses sur la place du village.
Âge : La jolie Bohémienne est âgée de dix-huit printemps tout juste.
Sexe : Femme
Métier ou titre de noblesse :La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne.

Physique : Sans doute vous attendiez vous à une magnifique jeune femme éclatante de beauté, charmante, envoûtante et attirante comme l'on en croise à tous les coins de fiche.
Et bien vous aviez raison. Ou presque, car tout ceci est tout de même particulier.
Sibyl est belle, très belle même. Mais, au contraire de ces femmes nobles qui passent leurs journées derrière des miroirs encadrés de pierres précieuses à coiffer, lisser, tresser leurs cheveux, se maquiller et revêtir les robes les plus coûteuses possibles, c'est une beauté toute simple, naturelle, juvénile même que vous avez devant vous. Car, ne nions pas les faits, la jeune fille n'est encore qu'une enfant, qui vient à peine d'entrer dans le monde des adultes. Regardez-la danser, avec ses bracelets dorés qui tintent et scintillent joyeusement autour de ses chevilles et ses poignets, pendant que son long corps svelte ondule au rythme de la musique et du tambourin qu'elle frappe de ses fins doigts blancs. Regardez-la! elle que le soleil couchant berce de ses chauds rayons, déposant sur sa peau d'albâtre aux tons laiteux une lueur dorée, l’enveloppant d’une cape flamboyante! Elles dont les beaux cheveux bruns coulent jusqu’au creux de son dos, boucles de soie sauvages illuminées d’or à la lumière du crépuscule! Regardez donc ce doux visage rehaussé d’un sourire qui rayonne de joie, étirant en un arc velouté les deux pétales rosés de cette bouche délicate, ces pétillant yeux d'un bleu marin constellés de paillettes ambrés, pur joyaux au beau milieu de cette cascade brune qui tombent devant sa figure, ce nez mutin, ces pommettes rosées… Quel crime de vouloir attenter à la vie, à la morale ou à la pudeur d’une telle créature, ne serait-ce même que d’y avoir songé… Regardez-la… on dirait un ange…

Qu'entends-je? Maudit soit celui qui ait osé proférer de telles paroles. Une enfant vous dis-je, un ange. Cela ne vous suffit donc pas? Observez-la donc alors! Regardez-la marcher dans les rues de son pas gracieux, si délicat, comme si elle marchait sur des nuages, ses doux cheveux ondulant gaiement dans son dos, comme animés d'une propre vie! Et cet air si digne, si indifférent lorsque injures et menaces fusent, et si doux, si modeste quand un compliment ose sortir de la bouche de quelconque passant, donnant subitement une couleur écarlate à ces joues d'albâtre. Quelle différence vous disais-je, avec ces grandes dames se pavanant et pouffant délibérément devant compliments des hommes? N'êtes-vous toujours pas convaincu? Je vois que vous n'êtes donc décidement pas sensible à ce genre de choses... Alors, peut-être que... Oui! Là, regardez, oui là! Elle dont les si jolies mains jouaient auparavant gaiement du tambourin, elle dont les longs doigts fins viennent de se saisir si adroitement de cette bourse emplie de pièces tintantes qui venait de passer ostentiblement sous ses yeux! La voilà déjà qui disparaît dans la foule, un sourire malicieux sur le visage, les yeux brillants d'une lueur mystérieuse... A présent, me croyez-vous? Voici la digne fille du Chef des Bohémiens...


Psychologie : Certains la disent Voleuse. D’autres Rêveuse. D’autres encore la disent Sorcière. Tous sont à la fois dans le vrai, et à la fois dans le faux. Sibyl est une Bohémienne. Voilà qui résumerait amplement la situation. Mais je doute que vous ne vous contenteriez de ces quelques lignes. Alors, par où commencer…
Rêveuse, elle l’est. Mais à sa manière. Souvent vous la verrez un doux sourire aux lèvres, son regard d’azur perdu dans l’horizon, que ce soit quand elle danse ou quand elle chante, qu’elle marche ou qu’elle courre. C’est une envie constante d’évasion, d’aventures, de rêves et de fantastique qui règne dans cet esprit encore enfantin. Car, à la voir courir dans la forêt, rire avec les plus jeunes de la troupe ou jouer de son tambourin sur la place publique, nul ne douterait de voir une petite fille s’amusant à laisser le vent emporter ses boucles châtain. Même son rire est une parfaite incarnation de l’innocence. Délicat, cristallin. Délicieux… Tout autant que la voix de cette dernière, qui, douce et mélodieuse, ravit les badauds du village lorsqu’elle se met à chanter. « Un vrai petit Ange » s’amusent même à dire certains. Et ils n’ont pas tout à fait tort. Car comment exprimer autrement la bonté, la générosité, la tendresse et la patience dont la Gitane fait preuves envers les plus petits, les plus pauvres ou les plus malheureux? C’est dans ces moments là que l’enfant fait place à la jeune femme, fière, digne et au cœur sur la main. C’est dans ces moments là que la Voleuse apparaît. D’une adresse et d’une vivacité redoutables, elle fait preuve de milles et une ruses pour parvenir à ses fins, quel que soit le moyen employé. Bon, ou mauvais. Qu’il s’agisse d’un sourire angélique à l’égard de son père ou des menaces envers une tierce personne. Mais le but en reste toujours louable, honorable même. Car les bourses dérobées aux plus riches ne servent qu’à nourrir les plus pauvres et à soigner les plus malades. Chose que désapprouve son père, qui désespère de la voir ramener « une seule et maigre bourse » le soir, alors que sa fille a passé sa journée à vagabonder dans le village. D’ailleurs, il n’apprécie pas non plus les sorties nocturnes de son unique enfant, en particulier les soirs de pleine lune. Et pourtant, si il y a bien une chose dont Sibyl ne pourrait se passer, ce sont bien ses escapades sylvaines. Initiée aux savoirs des plantes par la Vieille Diseuse, ses herbes et ses fleurs lui servent ensuite à confectionner mille et un remèdes, pommades et potions dont elles seules ont le secret. Lui permettant ensuite d’aller les vendre aux plus riches sur le marchée ou d’aller soigner les plus pauvres n’ayant pas les moyens de se procurer un remède contre le mal les rongeant. Chose qui, d’ailleurs, agace beaucoup le médecin du village.

Rêveuse, Voleuse, Sorcière… Enfant, jeune fille et femme. Trois personnalités, trois états réunis en une seule et même personne, donnant à la Gitane un charme mystérieux et attirant, dont nombreux furent les victimes. Pourquoi victimes? Je ne voyais tout simplement pas d’autre mots pour qualifier les malheureux ayant sombré dans le désespoir en voyant leurs avances repoussées par l’objet de leur désir. Mais jamais personne ne fit preuve de violence envers elle. Tous la craignent, tous la respectent. Un empoisonnement est si vite arrivé…



Arme(s) : Un petit poignard à la lame courte, mais effilée, tranchante comme du verre, aussi bien utile pour couper les liens des bourses les plus coriaces que les tiges des plantes qu'elle part cueillir en forêt.
Signe particulier : Elle porte toujours une petite bourse en cuir brun, solidement attachée à une fine ceinture de cuir qui entoure ses hanches graciles. Quand à ce qu'elle contient... Ce que vous avez sur vous : Le plus souvent, vous verrez Sibyl vêtue d’une longue robe bleue marine, en parfait accord avec la couleur de ses yeux, généralement en coton, parfois en lin – un cadeau de son père, une vraie merveille à ses yeux, qu’elle ne porte que lors de grandes occasions -, qui descend jusqu’à ses chevilles. Chevilles dont la gauche est perpétuellement entourée de deux bracelets d’or, les mêmes qu’à ses poignets. Elle ne les enlève jamais, uniquement lors de ses escapades nocturnes, lorsqu’elle désire rester silencieuse comme une ombre. Egalement toujours suspendues à ses oreilles, de grandes créoles d’or, cadeau, cette fois-ci, de Friederich, pour son dixième anniversaire…
De temps à autres, il lui arrive de revêtir une blouse de coton blanc et un jupon brun, quand elle désire passer inaperçue dans le marché. Mais la seule chose qui ne changera jamais chez la jeune Bohémienne, c'est que jamais vous ne la verrez avec des chaussures aux pieds...


Ce que vous savez des autres personnages : L’existence des Lycanthropes est parfaitement connue de la Gitane, puisque leur troupe en a comporté un durant des années. Par contre, pour ce qui est des vampires… Elle n’est certes pas sourdes aux rumeurs qui courent dans la ville, mais la jeune fille persiste à croire que ces dernières n’en restent justement que ce qu’elles sont, tant qu’elle n’aura pas eut la preuve sous ses yeux. Même si, au fond d’elle-même, elle est intimement persuadée que tout ceci est vrai. Après tout, elle ne croyait pas non plus aux Lycanthropes…

- Le Chef Gitan Redoutable : Son cher père… Lui qui est si taciturne, si froid, si agressif même parfois envers les autres… Il ferait n’importe quoi pour sa fille, et tient à elle comme à la prunelle de ses yeux. Un lien très fort les unis, et la jeune Bohémienne fait preuve d’énormément d’amour et de respect envers son géniteur.

- Friederich Von Bronlow : Cette misérable crapule. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Sibyl éprouve un profond ressentiment envers le Roi des Voleurs. Elle n’était certes qu’une enfant – elle devait avoir aux alentours de quatre ans - quand il fut recueilli par le campement, mais faisait déjà preuve d’une admiration sans limites à l’égard du Lycanthrope, que ce soit pour ses talents presque surnaturels en matière de vol et d’illusion, ou pour sa caractéristique de se transformer en loup les soirs de pleine lune… Lorsqu’il quitta la troupe, dix ans plus tard, ce fut un déchirement. Sans doute était-elle amoureuse de lui. Le Voleur était après tout connu pour son grand succès envers ces dames. Aujourd’hui, elle lui en garde toujours rancœur.

- La Diseuse de Bonne Aventure Agée : Elle en effraye beaucoup, en amuse d’autres, mais rares sont ceux qui l’apprécient. Sibyl en fait partie. En effet, elle a trouvé en la vieille dame une sorte de seconde mère, car après tout, c’est en partie elle qui l’a élevée. Elle peut tout lui dire et ne se prive pas de lui raconter chacune de ses aventures et ses états d’âme. C’est également la Diseuse qui lui a enseigné son savoir sur les plantes.

- Le Petit Clown Triste : Son meilleur ami. Elle ne sait plus exactement quand il est arrivé, sans doute devait-elle avoir aux alentours de huit ans. Elle n’a jamais su qu’elle était la cause de son chagrin, malgré les liens profonds qui les unissent. Ce qui ne l’empêchera pas de donner sa vie pour lui si il le fallait.

- La Fillette Ramasseuse de Piécettes : Une jolie petite fille âgée de dix ans, envers qui elle ressent une grande compassion. Elle lui rappelle elle-même à son âge, et est toujours prête à lui venir en aide ou la consoler.

- La Mystérieuse Prestidigitatrice : Une femme bien étrange… Sibyl est persuadée qu’elle cache un secret, mais n’a, jusqu’ici, pas encore réussi à le prouver, ni même à deviner quelle en est la nature. A son égard, respect et politesse sont de mise, car si il y a bien quelque chose que la jeune Gitane ne veut pas, s’est de s’attirer les foudres de la Magicienne…

- La Danseuse Envoûtante : Si, jusqu’à présent, les personnes énumérées étaient appréciées, aimées, ou encore respectés de la Bohémienne, la Danseuse, elle, est sans doute celle qu’elle hait le plus. Jalousie ? Oh que oui… Non pas pour ce qui est au niveau du physique, je vous ai expliqué tout à l’heure que notre jolie jeune fille n’avait rien à envier aux autres, sûrement pas. Mais le regard des hommes sur cette dernière, et son comportement envers ceux-ci agace profondément Sibyl, et elle ne supporte pas de voir son père en compagnie de la Danseuse, seule autre personne avec qui il se montre un semblant civilisé et sociable.



Dernière édition par le Dim 21 Oct - 16:51, édité 1 fois
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Sibyl Von Lilie
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MessageSujet: Re: Sibyl Von Lilie   Dim 21 Oct - 16:51

Histoire :

1. La Naissance

Un cri de douleur résonne dans la petite chambre aux murs blancs. Allongée sur un lit, le dos soutenu par un oreiller blanc, vêtue d’une seule chemise de coton, une jeune femme aux longues boucles brunes et au ventre proéminent hurle sa souffrance, le visage crispé, livide, ruisselant de sueur. A ses côtés, une vieille femme, dont le visage ridé affiche en ce moment même un air soucieux, s’affaire à tenter de soulager les souffrances de la femme en la guidant de la voix, pendant qu’un homme scrute les jambes de cette dernière, attendant silencieusement l’arrivée du bébé. Et, derrière la porte de bois noir, dans le petit salon qui jouxte la chambre, un autre homme attend, faisant les cent pas dans la pièce. Se tordant les mains en entendant les cris de sa femme, se mordant la lèvre sous l’effet de l’angoisse. Le temps passe. Les cris persistent. De temps à autre, d’autres éclats de voix parviennent aux oreilles du malheureux à travers le panneau de bois, qui ne sait que penser. Que se passe-t-il ? Tout va bien ? Doit-il entrer ? Il hésite, se lève, se rassoit, et se relève en entendant soudainement les pleurs si caractéristiques des bébés, annonçant l’arrivée du nouveau-né. Son cœur bat la chamade. Enfin… Lui qui attendait ce moment depuis si longtemps. Ils avaient tellement désiré avoir un enfant ! Tout à coup, la porte s’ouvre. Le visage radieux, il se tourne vers le docteur qui va certainement lui annoncer la bonne nouvelle… et perd aussitôt son sourire devant l’air sombre du médecin, qui, secouant la tête, baisse les yeux, le laissant rentrer dans la chambre.

Hébété, n’osant y croire, l’homme chancelle, secouant violement la tête. Ce n’est pas possible… Non, ce n’est pas vrai ! Terrassé par la douleur, il franchit la porte pour s’agenouiller lentement au pied du lit dans lequel repose désormais sa bien-aimée épouse, son ravissant visage d’albâtre figé à jamais dans les glaces de la mort. Doucement, il effleure du bout des doigts sa joue glacée, caressant une dernière fois ce visage, ce corps tant aimé, avant de se relever, anéantit par le chagrin. Le visage baigné de larmes, la vieille femme s’approche lentement de lui, portant dans ses bras frêles un minuscule bébé vagissant, enveloppé dans des draps de lin blanc. Les mains tremblantes, le père saisit son enfant, dévisageant silencieusement ce petit visage crispé, avant de le serrer contre lui, sanglotant désespérement…


II. L’Enfance

- Sibyl! Veux-tu bien revenir ici, espèce de chipie!

Un rire malicieux et enfantin répond à la vieille dame, tandis que les tintements métalliques des bracelets dorés que la petite fille porte à ses bracelets résonne quelques mètres plus loin. La Vieille Diseuse pousse un soupir et lève les bras au ciel, exaspérée :

- Mais qu’ai-je donc fait à la Très Sainte Vierge pour mériter ceci?! Cette enfant est insupportable!

Un autre rire, plus grave cette fois-ci, retentit dans le campement, et, outrée, la vieille femme se retourne, les poings posés sur ses hanches maigres :

- Tu devrais avoir honte de rire de moi ainsi Mattéo! Je te le dis et te le répète, ta fille est une vraie diablesse!
- Allons donc!
S’esclaffe le Bohémien, qu’a-t-elle encore fait ?!
- Mon collier! Cette petite voleuse me l’a dérobé tout à l’heure, alors que j’étais occupée à recoudre sa robe!


Une nouvelle fois, l’homme se met à rire, et ses yeux bleus océan pétillent quand il vit sa fille arriver en courant et en pouffant joyeusement. Radieux, il ouvre les bras et la petite Gitane s’y jette avec joie, se serrant contre son père. Attendrie par la scène, la vieille baisse les bras, et, souriant légèrement, tourne le dos pour se remettre au travail en grommelant. Mattéo avait bien changé depuis la mort de sa femme. D’un homme doux et agréable à vivre, heureux, il était devenu taciturne, froid, parfois même violent avec ceux qui le cherchaient d’un peu trop près. Agressif envers les membres du Clan, il ne se privait guère pour hurler et lancer des reproches à la première occasion. Sauf avec sa fille. Unique souvenir qui lui restait de sa bien-aimée femme, fruit de leur amour, il était totalement fou de la petite, s’extasiant devant le moindre de ses actes, lui passant le moindre de ses caprices, ce qui n’était pas toujours au goût de certains. Heureusement, Anna, la vieille diseuse de bonne aventure de la troupe, s’était chargée de l’éducation de la fille du Chef à la mort de sa mère. C’est-à-dire dès sa naissance. Après tout, elle l’avait vue venir au monde…

- Papa papa, puis-je aller voir Friedrich?

A ces mots, ce fut au père de pousser un soupir exaspéré. Il y avait un peu plus d’un an, la troupe de Bohémiens avait recueilli un jeune Lycanthrope. Ce dernier s’était bientôt révélé comme un Voleur hors-pair, et il faisait la fierté de tout le Clan. Et Sibyl lui vouait une admiration sans limites. Chose qui amusait les Bohémiens, mais tracassait légèrement son père. Après tout, ce n’était qu’une enfant, et il n’appréciait pas vraiment de la voir traîner avec le jeune homme. Mais le sourire que la petite lui adresse eut raison de lui. Elle ressemblait tellement à sa mère… Les mêmes cheveux d’un beau châtain foncés, cascade de boucles soyeuses, le même visage fin, la même peau laiteuse… Seuls ses yeux étaient pareils à ceux de son père, deux saphirs perdus dans un visage d’albâtre. Hochant légèrement la tête, il la dépose à terre, geste qui fit pousser un cri de joie à la fillette, la laissant filer à toute vitesse à l’opposé du campement, sous le regard méfiant de Anna qui se mit à secouer la tête.

- Halala, cette petite… S’exclama-t-elle en levant une fois de plus les bras au ciel, avant de ranger sa couture.
- Je n’aime pas la voir traîner avec ce garçon, c’est un Lycanthrope, on ne sait jamais ce qui peut se passer… Marmonna Mattéo.
- Alors pourquoi la laisse-tu y aller?
- Tu sais pertinemment que je ne peux rien lui refuser.


Tournant la tête vers lui, la vieille femme le scrute sans un mot, le visage grave, avant de lâcher ces quelques mots :

- Tu ne devrais pas te laisser faire de la sorte Mattéo, à force de lui laisser trop de liberté, tu finiras par la perdre…

Puis, sans rien ajouter de plus, elle se dirige vers sa roulotte, la petite robe bleue de la fillette sous son bras, sous le regard songeur du père, qui, mal à l’aise, tourna les talons, frissonnant en entendant le rire de sa fille et celui de Friedrich résonner dans le campement.

III. Le Départ

Une tache bleue se dessine brusquement sur l’herbe de la lande où sont installées les roulottes. Quelques dizaines de mètres plus loin, quatre chevaux broutent paisiblement, parqués dans un enclos en bois. La tache s’approche, grandit, grandit, pour finalement dessiner la robe d’une jeune fille âgée d’environ quatorze ans à première vue. Le visage pâle, presque livide même, elle courre aussi vite qu’elle le peut, ses bracelets dorés tintant vivement à ses chevilles et à ses poignets, seules ses joues rougies par le vent froid qui fouette sa figure, faisant voleter ses boucles brunes. Et c’est toujours en courant, hors d’haleine, qu’elle déboule au beau milieu du campement, sous le regard étonné des Bohémiens. Et tout particulièrement celui de son père. N’y prêtant aucune attention, elle fonce vers ce dernier pour l’apostropher d’une voix haletante :

- Père… Est-ce vrai ce que l’on dit?

S’efforçant de prendre un ton neutre, ce dernier la regarde, l’air tout à fait innocent, comme si il n’était au courant de rien.

- Quoi donc ma fille?

Un soupir s’échappe des lèvres de celle-ci. Elle sait parfaitement que son père savait tout à fait de quoi elle parlait. Il ne voulait juste pas le lui avouer. Les yeux pleins de larmes, elle décide d’aller droit au but :

- C’est vrai que Friederich est parti? Demande-t-elle à brûle-pourpoint.

L’homme ne répond pas, mais en voyant l’air qui brille dans ses yeux, Sibyl devine parfaitement ce qu’elle avait pressentit. Secouant la tête, un air de profond désespoir emplissant son beau visage, elle tourne les talons et s’enfuit en courant, sous le regard navré de son père, lâchant un sanglot étouffé. Elle courre elle courre, traverse la lande, les pieds et la poitrine en feu, mais tout ceci n’est rien comparé à la douleur qui hurle en elle. Parvenue aux bois, elle se laisse tomber au beau milieu de la clairière, sa clairière, celle où elle se rendait chaque nuit de pleine lune, épuisée par sa course folle, et éclate en sanglot. Non, non! C’est impossible, il ne pouvait pas être parti… Il avait passé tant de temps avec eux, tant d’années, apprit, partagé tant de choses… Et le voilà qui s’en allait, un beau matin, sans un mot, sans un signe!

Il ne lui avait même pas dit au revoir… Le visage ruisselant de larmes, la jeune Bohémienne se recroqueville sur elle-même, cachant sa figure entre ses mains, secouée de sanglots, le soleil d’automne qui perce à travers les arbres venant baigner ses boucles brunes de reflets dorés, les mêmes reflets dorés qui animent les boucles d’or qu’elle porte à ses oreilles. Celles qu’il lui avait offertes il y a quatre ans…


IV. La Sorcière

- Non non et non, regarde Sibyl, tu t’es trompée, cette plante n’est pas la bonne!

Sous le regard mortifié de la jeune fille, Anna sorti de son sac en cuir une petite plante aux fleurs blanches, qu’elle posa à côté de celle que la petite Bohémienne venait de lui donner.

- Regarde, répéta-t-elle, ce sont les mêmes fleurs, la même taille, la même couleur… mais les feuilles ne sont pas les mêmes. Si celle que je viens de te montrer, utilisée en tisane, est un puissant remède contre les infections, la tienne elle, est mortelle pour quiconque l’avalerait. Tu ne souhaiterais tout de même pas empoisonner tes malades, si ? Ajouta la vieille femme avec un sourire taquin.

Ce jour là, Sibyl s’était sentie profondément humiliée. Elle détestait se tromper, et les remarques de la Vieille Diseuse l’avaient piquée au vif. A présent, elle comprenait que cette dernière ne se moquait nullement d’elle, et qu’elle avait simplement cherché à lui expliquer une chose de plus. A présent, elle bénissait la diseuse pour l’avoir reprise ce soir là.

Assise au chevet d’un petit garçon, la Bohémienne se saisit de plusieurs spécimens de ladite plante et les tend à la mère du jeune malade, qui, morte d’inquiétude, attendait le verdict. Sybil esquisse un sourire, se relevant doucement après avoir passé sa main sur le front de l’enfant, et lâche d’une voix douce :


- Rien de bien grave… Il n’est pas en danger, ne vous inquiétez pas.

Soulagée, la femme pousse un soupir et se signe, serrant contre sa poitrine le petit bouquet de fleur, que la Gitane désigne d’un signe de tête :

- Faites-en une tisane, et donnez-lui en chaque matin et chaque soir, au bout d’une semaine il devrait être guéri.

Puis, dédaignant l’offre que lui fait la ménagère en récompense de ses services, elle sort de la maison après un au revoir et un joyeux sourire, pour retourner vers la lande où se trouvait le campement. Mais, pour retourner là-bas, il lui fallait traverser le village, et donc, la place publique. Et à peine la Bohémienne faisait-elle son apparition que de toutes part, les ragots fusent :

- Regardez, c’est la petite gitane…
- On m’a dit qu’elle allait soigner le petit Frantz.
- Tu parles, moi je pense plutôt qu’elle va l’empoisonner…
- N’as-tu pas honte? Elle a soigné le père Matthias la semaine dernière!
- Moi je suis plutôt d’avis avec…


Et cela continue, encore la même chose, encore et toujours le même refrain. Mais elle n’y prête pas attention. Elle a apprit à ignorer les gens. A ne plus entendre les insultes, à ignorer les provocations, à décliner les invitations. Car tous ne sont pas hostiles envers elle. Et nombreuses furent les fois où elle capta les regards plutôt intéressés de certains hommes. Ce qui énerve d’ailleurs beaucoup son père. A croire que plus les gens la regardait, et plus vite il décidait de changer de ville. Sibyl, elle, n’en a que faire. Elle aime cette vie nomade, à vagabonder, voyager autour du monde. Découvrir de nouveaux villages, de nouvelles villes, de nouveaux endroits… Parfois, il lui arrive de se demander ce qu’il est devenu. Où est-il en ce moment même? Que fait-il? Mais à présent, le chagrin a fait place à l’amertume, et même à la rancœur. Il est parti, sans rien lui dire, sans même lui dire au revoir. Comme si elle ne comptait pas pour lui… Le reverrait-elle un jour?

Soupirant, la jeune femme secoue la tête, faisant tinter ses créoles d’or, avant de descendre d’un pas léger la route poussiéreuse qui sortait du village, se dirigeant lentement vers la lande où l’attendaient les siens…



Autre : Je me suis permis de mettre certains détails sur les relations de Sibyl avec les gitans, en particulier avec son père, la Diseuse et Friedrich. Si quelque chose cloche ou ne concorde pas avec les histoires ou autres, veuillez me le signaler, je le corrigerais tout de suite ^^ Par contre, veuillez excuser l'histoire qui paraîtra peut-être courte à certains, mais je n'ai pas non plus osé tout inventer pour le personnage du Roi des Bohémiens, car mon point de vue ne concordera peut-être pas avec celui de son futur joueur...

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Sasha Van Evenschlass
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MessageSujet: Re: Sibyl Von Lilie   Dim 21 Oct - 18:21

Oh, c'est parfait ! Tu es validée. Bienvenue parmi nous Wink

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Sibyl Von Lilie

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