| | | Pêche au clair de lune... | |
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Sibyl Von Lilie Humaine / Gitane / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne

 Nombre de messages: 41 Age: 22 Localisation du Personnage: La Chapelle Race/Statut: Humaine / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne Camp: L'Humanité Date d'inscription: 20/10/2007
 | Sujet: Pêche au clair de lune... Lun 5 Nov - 11:12 | |
| [ => La Chapelle ]
Un sourire avait étiré les lèvres de la jeune femme lorsqu’elle avait vu l’expression de Friederich devant ses… instruments. On n’était jamais trop prudent, le moindre objet pouvait servir. Mais pas toujours dans les circonstances qu’elle s’imaginait. La preuve, les bouts de fer étaient plutôt destinés à crocheter les serrures récalcitrantes que de servir d’hameçon… Mais bon.
-Il me semble que nous avons tout maintenant ! Ne manque qu'un point d'eau...
A ces mots, la Gitane avait ouvert de grands yeux… et éclaté de rire. Peut-être ne trouvez-vous pas cela drôle, mais elle, en ce moment même… si. Ils avaient tout, canne à pêche avec hameçon, parfaitement en état de marche et… il demandait où ils pourraient trouver de l’eau. C’était plutôt… amusant. Essayant de faire passer son éclat d’hilarité pour une toux discrète qu’elle avait dissimulé en mettant sa main droite devant sa bouche, Sibyl avait rapidement réfléchit. Le seul point d’eau qu’elle connaissait ici était le lac. Un lac noir, gigantesque, et surtout lugubre. Oh bien sûr, elle s’y était souvent aventurée, puisqu’à proximité du point d’eau se trouvaient nombre de plantes diverses et variées dont elle se servait souvent pour ses remèdes et ses potions. N’empêche que l’endroit n’était pas vraiment son lieu préféré. Et quand elle pouvait éviter de s’y rendre, la jeune Voleuse le faisait. Mais là, elle n’avait pas vraiment eu le choix. D’autant plus que le Lycanthrope semblait avoir eu la même idée qu’elle. Ce fut donc avec une légère réticence qu’elle l’avait suivit, non sans jeter un regard méfiant à la Chapelle qui disparaissait derrière son dos.
Non pas qu’elle avait peur, non, si il y avait bien une chose que l’on pouvait admirer ou reprocher à la Bohémienne, c’était sa témérité. Témérité qui n’était parfois pas au goût de tout le monde, mais qui lui permettait de s’aventurer parfois dans certains endroits où d’autres auraient reculé. Comme par exemple la Chapelle. Si elle s’en était tenue aux rumeurs des villageois qui désignaient le lieu comme « un endroit maudit », elle n’aurait jamais retrouvé celui qu’elle cherchait depuis tant d’années… Ce fut donc avec un léger sourire aux lèvres que la jeune femme aux boucles brunes avait reposé son regard sur Friederich avant de s’éloigner avec ce dernier vers la forêt.
[…]
- Qu’était-ce que ce bruit ?
Cela faisait maintenant une bonne dizaine de minutes qu’ils avaient quitté le village et s’avançaient dans la forêt. Mais Sibyl ne parlait ni des cris bêtes qui retentissaient parfois autour d’eux, ni des branches qui craquaient, ni des hiboux qui hululaient. Le bruit dont elle parlait s’était fait entendre précisément lorsqu’ils avaient quitté la Chapelle. Le pas du Lycanthrope s’était soudainement accéléré, pas assez pour qu’elle ne s’inquiète, certes, mais suffisamment pour que la Gitane le remarque. Et, à présent, d’horribles cris résonnaient dans sa tête. Que s’était-il passé, là-bas, au village ? Le Voleur avait-il fuit quelqu’un… ou quelque chose ? Que cachait réellement cette Chapelle ? Angoissée, elle saisit instinctivement la main de Friederich dans la sienne, les doigts fins de la jeune femme se refermant sur ceux, longs et habiles, de ce dernier. Avant de les relâcher brusquement, une certaine rougeur aux joues, lorsqu’elle se rendit compte de ce qu’elle venait de faire. Essayant de masquer son trouble, et surtout de faire oublier son geste prompt à l’homme, elle s’écarta légèrement, regardant autour d’elle comme si rien ne s’était passé, et même si l’obscurité qui régnait ne lui permettait pas de voir grand-chose…
Autour d’eux, la nature se dégageait soudain, les buissons et les broussailles s’écartant peu à peu, les arbres se faisant moins dense, moins touffus, commençant à esquisser les prémices de l’immense clairière où se trouvait le lac. Il seraient bientôt arrivés… _________________ • Ce ne sont pas les ailes qui font l'ange... • |
|  | | Friederich Von Bronlow Lycanthrope / Roi des Voleurs

 Nombre de messages: 37 Age: 22 Localisation du Personnage: Là où la lune s'éveille et le soleil se meurt Race/Statut: Lycanthrope / Roi des Voleurs Camp: Insurgés Date d'inscription: 23/08/2007
 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Lun 5 Nov - 15:24 | |
| Le Voleur avançat d'un pas sûr à travers les feuilles. Comme le chasseur il avait mis son arme tueuse sur son épaules. Si les chasseurs tuent le gibier avec le fusil alors sa canne à tuer des poissons pouvait aussi être une arme des plus impitoyables. Dans le temps on ne comptait plus les borgnes qui un jour s'étaient baigné laissant leur oeil à l'hameçon. Sacrées histoires horribles que sa nourrice lui racontait dans le temps, elle lui disait de se méfier de tout... Mais jamais ne l'avait prévenu du Loup. Lui aussi entendait les cris mais au contraire de Sibyl n'en avait pas peur. La raison était bien simple: il pouvait aisément mettre un nom sur chaque sonorité alentours. Là criait une chouette, dans ses serres une souris hurlait de douleur. Au loin un renard s'était pris la patte dans un piège, plus loin encore un lycan hurlait... Pauvres gens qui se transformaient en loup quand bon leur souhaitait ! Ils ne devaient au début que très moyennement maîtriser ce "don". Quand la gitane lui prit la main ses doigts répondirent au contact de ceux de la jeune fille. Cette dernière choisit cependant de la retirer bien vite. Ce geste fit sourire le voleur dans le noir. La témérité peut aussi être bien fragile. Bientôt s'étendit devant eux une immense étandue d'eau noire: le grand lac. Lentement il se pencha dessus. L'eau grasse pouvait avoir la consistance de l'huile qu'il n'en serait pas étonné. Pour rien au monde même sous forme du loup il n'aurait plongé le nez dedans. - Les appâts...L'homme cala la canne derrière un gros rocher et dans une flaque de boue plus loin alla trouver quelques vers bien long et repoussants. L'avantage avec ces bêtes c'était qu'une simple coupure pouvait en faire naître un autre. Triste destin pour le bout de cette chaîne alimentaire, avec un peu de chance ils auraient le succès espéré. Friederich jeta enfin le hameçon dans l'eau brune. Pour tout attendte il s'étendait dans l'herbe frîche, le chapeau sur le ventre. De là, il voyait les étoiles à l'infini. Quand il était loup, il en voyait bien plus encore. Qu'étaient-ce donc ? Des bougies collées dans les ténèbres ? - Oh, ce bruit ? Rien d'autre que la mousse sous vos chausses ! Vous n'avez rien à craindre.Le voleur avait un ton rassurant. Il se sentait bien, pour peu il se serait endormi. |
|  | | Sibyl Von Lilie Humaine / Gitane / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne

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 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Lun 5 Nov - 20:03 | |
| Finalement, la végétation s’écarta complètement autour d’eux, laissant place à l’immense lac noir, dont les eaux sombres brillaient d’une étrange lueur bleutée, comme les ailes d’un corbeau, sous les rayons de la lune. Une grimace s’afficha sur le visage pâle de la Bohémienne lorsque le Voleur se pencha au-dessus de l’eau. Pour rien au monde elle ne s’en serait approchée, et encore moins baignée. Plutôt mourir, et c’était d’ailleurs le sort que devaient sans doute subir les inconscient ou les malheureux qui avaient le malheur de plonger ( ou de se faire plonger ? ) dans ces eaux noires. Grimace ne s’arrangea pas lorsque Friederich alla récupérer les infortunés vers qui allaient servir d’appâts. Bon, elle n’allait pas s’évanouir non plus, elle n’était pas de ces grandes dames de la cour qui perdaient conscience à la moindre goutte de sang. Mais disons que voir ces créatures se tortiller au bout d’un hameçon n’était pas vraiment la partie que la Gitane préférait dans la pêche. Alors, lorsque le Lycanthrope jeta finalement ce dernier dans l’eau avant se s’allonger dans l’herbe, son étrange chapeau posé sur son ventre, Sibyl n’hésita pas, et alla le rejoindre, s’asseyant près de lui, ses jambes ramenées contre sa poitrine.
Un sourire malicieux aux lèvres, la jeune femme se saisit soudainement du curieux haut de forme d’un geste habile si caractéristique aux Voleurs, presque invisible tellement il était rapide, pour le poser sur sa tête, ce qui lui donnait une allure assez… cocasse. Et elle lâcha un soupir. Une fois de plus, il avait détourné la question, l’interprétant à sa manière. Que craignait-il ? Avait-il réellement quelque chose à cacher ? Décidément, la fille du Chef ne comprenait plus le Roi des Voleurs. Pour le peu qu’elle avait jadis compris, ou du moins cru comprendre de lui… Ajustant le chapeau sur ses boucles brunes, la Bohémienne tourna la tête, posant ses yeux bleus sur Friederich, et lâcha d’une voix moqueuse :
- Mes chausses ? Te moquerais-tu de moi ? Tu sais pertinemment que jamais nulle chaussure ne retiendra jamais mon pied.
Et c’était vrai. Depuis sa naissance, jamais elle n’avait porté quoi que ce soit au pied. Ou peut-être lors l’une des rares fois où son père avait tenté de lui faire porter quelques sandales durant son enfance, sandales qu’elle avait ôtées sitôt que ce dernier eut le dos tourner afin de mieux courir dans les champs. Comment décrire cette sensation ? L’herbe encore humide de rosée sous ses pieds nus, la terre meuble, l’eau fraîche coulant sous la plante de ses pieds… Vivre, simplement. Reprenant la parole, Sibyl haussa un sourcil, peu convaincue par les mots qui se voulaient sans doute rassurants de son compagnon :
- Je te parlais de ce qui s’était passé là-bas, au village… Ces cris, ces hurlements… Ajouta-t-elle à voix basse, l’air soudainement grave.
A nouveau, elle marqua une pause, inspirant profondément. Non, elle n’était pas tranquille. Pour tout dire, cette ville, et surtout ses habitants, la perturbait. Jamais encore elle n’avait entendu tant de rumeurs, de légendes malsaines sur le compte d’un endroit. Et de ses dirigeants. Et plus elle découvrait les lieux, plus la Bohémienne en venait à croire les racontars. Ce village n’était pas normal…
- Qu’y a-t-il dans cette Chapelle, que cache-t-elle ? Et qui habite dans ce château ? Qui sont réellement ses occupants... ? Murmura la jeune femme, se penchant légèrement vers le Voleur, ses beaux yeux bleus luisant d’une lueur étrange à la lumière de la lune. _________________ • Ce ne sont pas les ailes qui font l'ange... • |
|  | | Friederich Von Bronlow Lycanthrope / Roi des Voleurs

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 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Mar 6 Nov - 14:57 | |
| - Tiens, votre père n'a toujours pas réussi à vous faire mettre des chausses ? Pourtant dans les lieux ce serait bien plus sain d'en porter ! On ne sait qui peut vous suivre à la trace !Le voleur s'étira et regarda avec un grand sourire la jeune fille portant son chapeau. Ainsi elle ressemblait à une marionette bien connue qu'il allait souvent voir lorsqu'il était enfant... Son enfance, sa mère... Friederich secoua la tête pour chasser ses fantômes et regarda la ligne. Elle restait désespérément immobile. Les questions que lui posaient la bohémienne se mélangaient dans sa tête. Elle n'avait pas changé, elle avait toujours gardé son amour pour la curiosité. Dans ce néant sans fin qu'était la forêt Sibyl semblait être la lumière du coeur, fine et eternelle. Après un haussement d'épaules il répondit simplement avec son naturel habituel: - Il y a ici beaucoup de personnes comme moi qui en liberté vivent pleinement leur double vie. Seulement ils sont des gens qui peuvent se transformer en loup quand bon leur semble. Ceux-là on les appelle les lycans. Il ne m'étonnerai pas que ce soit l'un d'entre eux qui en ce moment soit en train de chasser.Le lycanthrope ramassa un bout d'herbe sèche et le mis à sa bouche. Celà faisait longtemps qu'il ne l'avait plus fait... Comme celà faisait longtemps qu'il ne pêchait plus. Il regardait toujours les étoiles. Une avait plongé. Il ne comprenait pas encore très bien ce phénomène. C'était une bougie elle aussi... Mais si elle tombait où pouvait-elle bien attérir ? - Oh, dans le château il n'y a jamais grand monde. Je vais parfois dans la chapelle pour y être tranquille mais je ne pense pas qu'il existe comme disent les gens des créatures démoniaques ou encore le diable en personne !Le voleur rit à cette pensée. Ses yeux se mouillaient presque. Quelle idée ! Comme si le diable pouvait exister ! Les humains ne comprendraient-ils donc jamais qu'ils étaient seuls livrés à eux-même ? Le jour où ils ses erviront intégralement de leur cerveau alors peut-être cesseraient-ils d'être des proies ! Bien sûr cette pensée n'atteignaient que les dondons des villages, les gentilshommes bienheureux qui de leur temps n'avaient mieux à faire que se lamenter ou se faire peur seul sur leur destin. Ils n'avaient aucune honte d'enfermer leurs enfants au couvent pour être tranquille chez eux à inviter les voisins au thé ! On parlait encore de personnes pieuses ? Au fond même Ylania faisait figure de Vierge ingénue quand on décrivait les agissements des villageois ! - Faites attention à vous... Lâcha néamoins Friederich dans un souffle. La canne sembla soudain trembler légèrement. |
|  | | Sibyl Von Lilie Humaine / Gitane / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne

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 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Dim 18 Nov - 11:14 | |
| [ Vraiment désolée pour le retard, j’ai du mal à concilier internet et cours, et comme je n’ai accès au pc que le week-end… bref, désolée –‘ ]
Un frisson agita la peau fine et pâle de la Bohémienne, qui, presque inconsciemment, jeta un regard anxieux derrière son épaule, comme si elle s’apprêtait voir la bête décrite par Friederich surgir d’un moment à l’autre dans la clairière. Une grimace s’afficha sur son visage. Elle n’aimait pas particulièrement le fait qu’il fasse allusion à ses… transformations. Elle se rappelait sans aucun mal que celles-ci semblaient tellement… douloureuses. Et si les enfants du camp avaient toujours ri devant ce spectacle, ce dernier avait été pour Sibyl une vision d’horreur, et si elle était restée des heures durant devant cette cage de métal qui abritait le loup furieux, c’était uniquement pour s’assurer que rien ne lui arriverait. Puéril, n’est-ce pas ? Qu’aurait donc pu faire une enfant contre un individu mal intentionné, ou pire encore, un Lycanthrope déchaîné ? Mais sans doute s’imaginait-elle jadis qu’elle aurait pu protéger le grand loup noir…
A nouveau, le Voleur prit la parole. Et la Gitane retint un soupir. Une réponse évasive, fuyante, comme toujours. Lui mentait-il, lui cachait-il quelque chose, ou était-il réellement persuadé par ce qu’il disait ? Quoi qu’il en soit, il ne lui faisait toujours pas confiance. En réponse au rire de l’homme, un air triste, peiné prit place sur le visage de la jeune femme. L’idée même de créature démoniaque ou de diable semblait plonger son compagnon dans une hilarité profonde. Et pourtant… elle n’était pas convaincue. Après tout, qu’était-ce que les Lycanthropes, sinon des créatures démoniaques justement ? Oh, certes, Friederich n’était pas ainsi, et puis, après tout, ce n’était pas de sa faute ! Mais tant avaient été victimes de ces bêtes sauvages, un soir de pleine lune… Alors, pourquoi d’autres choses, pire encore même, ne pourraient-elles pas exister ?
Elle chassa cette pensée d’un geste de la main. Allons donc, inutile de s’inquiéter pour rien.
-Faites attention à vous...
Quoique… Si il avait voulu la rassurer, c’était tout à fait réussi. Mais que cachait-il donc ? Lui qui paraissait si sur de soi, l’instant d’après le voilà qui semblait presque inquiet ! Ce qui n’était pas au goût de la Gitane. Courageuse, certes, mais pas folle. Et elle savait pertinemment qu’une chose qui effrayait le Voleur ne pouvait être qu’une chose horrible. Et tout à coup, la canne se mit à trembler. Bondissant sur ses deux pieds nus, la Bohémienne vit en cet instant une occasion unique pour détourner le fil de la conversation, et surtout d’oublier ce mauvais pressentiment qui lui hérissait l’échine…
- Cher ami, je crois que le moment de me faire preuve de vos talents est arrivé ! Lança-t-elle joyeusement en s’avançant vers le bord du lac, tout en renvoyant habilement le couvre-chef qui ornait toujours sa tête à son propriétaire.
Mais pourtant, même si la jeune femme se penchait alors légèrement en avant, attentive aux gestes du Voleur, comme captivée par la scène et pleine d’enthousiasme, l’angoisse qui emplissait ses beaux yeux bleus ne trompait pas. Elle avait peur… _________________ • Ce ne sont pas les ailes qui font l'ange... • |
|  | | Friederich Von Bronlow Lycanthrope / Roi des Voleurs

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 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Dim 18 Nov - 17:56 | |
| Un grand sourire fier fendit le visage de Friederich. Oui, il avait une prise au bout du fil. Il se leva prestamment tout en tenant fermement la canne et s'approcha de l'eau. Il plissa le regard dans les eaux troubles. Il lui semblait que la prise était un peu grosse... Le lycanthrope se tourna vers la bohémienne sans faire retomber son sourire. Il n'était pas sûr d'avoir un poisson, ou alors c'était là une prise oncroyablement formidable. - Je crois que vous aurez de quoi nourrir le campement durant des mois !Plaisanta-t-il d'une voix enjouée. Lentement et moyennement rassuré un remonta la ligne. Au bout il n'y avait plus rien et il lui semblait que le fit avait été sauvagement arraché. Pour ne pas inquiéter la jeune femme l'homme mit la ligne derrière son dos et se tourna vers Sibyl. - Il a décroché, mais rien de grave...Dans les eaux troubles deux yeux lumineux apparurent. L'un était jaune quand le second était vert. Lentement il s'avançait vers la rive. Il voyait à l'extérieur un être vivant de dos, de quoi se nourrir... La prise n'avait été autre qu'un de ces chers pirhanas et il ne faisait aucun doute que la Voleur avait heutement sous-estimé. Le poisson approchait toutes dents dehors et dans un bruit de flots impressionnant se propulsa sur les mains du lycanthrope qui tenait fermement la ligne. Un cri strident, le même que le loup la nuit hurle à la lune sortit de sa gorge et Friederich qui se retourna dans un mouvement souple pour prendre entre ses dents le poisson carnassier. Violement il le lâche dans l'herbe et le laissa se débattre désespérément. D'un geste protecteur il mit la Gitane à l'écart et plnta un couteau entre les écailles de l'animal. Il regarda impuissant sa main couverte de sang et s'assit dans l'herbe. Il releva ses yeux vers Sibyl et esquissa péniblement un sourire. - La prochaine fois, on pêchera à la fontaine !Il voulait paraître le plus rassurant possible. Si elle savait tout ce qui errait dans le coin elle lui en voudrait de ne pas lui avoir dit mais en même temps il vaudrait mieux la préserver... Pour qu'elle vive encore joyeusement ce qu'il lui restait à respirer. Il souhaitait seulement qu'elle ne se trouve pas sur son chemin les nuits de pleine lune. S'il la dévorait il ne pourrait jamais se le pardonner. |
|  | | Sibyl Von Lilie Humaine / Gitane / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne

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 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Dim 18 Nov - 19:13 | |
| Un léger sourire s’afficha sur les lèvres de la jeune femme lorsqu’elle vit le Voleur se retourner vers elle, un air triomphant sur le visage, la voix joyeuse tandis qu’il lui lançait quelconque plaisanterie qui la fit rire. Pourtant, une parcelle de doute demeurait dans l’esprit de la Bohémienne. Le ton du Lycanthrope semblait trop enjoué pour paraître vrai. Quelque chose n’allait pas ? Intriguée, elle se pencha vers le lac, tentant de distinguer quelconque signe à travers les eaux sombres de ce dernier, mais déjà Friederich remontait la ligne avant de cacher vivement la canne derrière son dos. Surprise, Sibyl haussa les sourcils, s’apprêtant à lui demander ce qui s’était passé, mais il la prit de court en affirmant que le poisson s’était simplement décroché.
Pas crédule pour un sou, la Gitane arqua un sourcil, mais avant même qu’elle n’ai pu dire un mot, le bruit d’une créature surgissant des flots troubles perça le silence de la clairière, et le hurlement presque animal du Lycanthrope retentit l’instant juste après, avant même qu’elle n’ai pu réagir. Horrifiée, la jeune femme vit un poisson de belle taille aux dents pointues et acérées tomber dans l’herbe fraîche, se débattant vivement pour tenter de regagner son élément. Elle fit un geste vers Friederich, mais celui-ci la prit fermement dans ses bras pour l’éloigner de la scène, puis planta fermement un couteau dans la chair de l’animal, qui eut un ultime soubresaut avant de retomber enfin inanimé au sol, vidé de toute vie, sous les yeux écarquillés de Sibyl. Qui, ne perdant pas un instant, se précipita aux côtés de l’homme qui était à présent assis dans l’herbe, dédaignant son agresseur au profit de sa main ensanglantée.
-La prochaine fois, on pêchera à la fontaine ! Lâcha-t-il d’un ton qui se voulait détaché.
La Bohémienne sentit sa gorge se serrer. Le cœur au bord des lèvres, elle se pencha vers le Voleur, ses yeux d’azur luisants d’anxiété. Tout était de sa faute… Si elle avait su… Jamais elle ne l’aurait accompagné. Doucement, elle s’agenouilla devant lui et lui prit délicatement la main, frémissant en sentant la peau fraîche du Voleur contre la sienne :
- Fais-moi voir… Murmura-t-elle.
A première vue, rien de bien grave. Aucun os n’avait été touché, brisé ou quoi que ce soit, mais deux trous profonds marquaient le dos de la main du Lycanthrope, trous béants desquels s’écoulaient des flots de sang écarlate. Instinctivement, elle jeta un regard noir au poisson, ce qui ne servit strictement à rien, puisqu’il était mort. Et même si il avait été vivant, il n’aurait sûrement pas compris la rancune qu’éprouvait Sibyl à son égard. C’est pourquoi, avec un soupir, elle sortit un mouchoir immaculé de la poche de sa robe – dont la démonstration de sa capacité de contenance et de la diversité des objets s’y trouvant avait déjà été faite un peu plus tôt – et entreprit de nettoyer avec moult précautions la main du Voleur.
- Je suis désolée, je n’aurais jamais dû accepter de t’accompagner, tout est ma faute.
Elle avait balbutié nerveusement ces mots, tandis qu’elle essayait de réprimer ses tremblements en continuant sa tâche. Le hurlement bestial qu’avait poussé Friederich résonnait encore dans sa tête, et, le souffle court, la jeune femme du se résoudre à lâcher la main de ce dernier pour trouver de quoi la bander. Et, tandis qu’elle cherchait de plus belle dans ses poches quelque tissu pouvant faire l’affaire, elle se dit avec effroi que cela aurait pu être pire encore. Il aurait pu y laisser sa main… Rien que cette idée souleva une nausée dans le cœur de la Gitane. Qui se rendit bien vite compte qu’elle ne possédait rien qui puisse faire office de bandage. Qu’à cela ne tienne.
Nullement découragée, elle saisit le couteau à la lame acérée dissimulé dans sa poche droite, et, le sortant de son étui, entailla vivement le bas de sa robe, qu’elle se mit à découper méticuleusement. L’instant d’après, le vêtement qui frôlait presque le sol flottait à présent au-dessus des chevilles de la Bohémienne, dévoilant ses pieds nus. Jetant un regard malicieux à Friederich, elle lui prit à nouveau la main et entreprit de faire un bandage de fortune autour de celle-ci, non sans avoir auparavant essuyé une fois de plus cette dernière du sang qui l’avait à nouveau tâchée.
- Je dirais qu’elle se serra prise dans les ronces. Lâcha-t-elle d’un ton détaché, prévenant la question sur le fait qu’elle devrait sûrement justifier le brusque changement de longueur de sa robe favorite.
Bientôt, la main du Lycanthrope se retrouva enserrée d’un tissu d’un bleu de nuit, et Sibyl du se résoudre à lâcher cette dernière, tandis qu’elle relevait ses yeux bleu vers l’homme qui se tenait toujours assis devant elle, un faible sourire sur ses lèvres rosées. _________________ • Ce ne sont pas les ailes qui font l'ange... • |
|  | | Friederich Von Bronlow Lycanthrope / Roi des Voleurs

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 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Jeu 22 Nov - 19:45 | |
| Friederich leva ses grands yeux sur la bohémienne. Il fut surpris par la douceur des gestes de cette dernière... Ô il aurait bien aimé lui sourire mais le choc de cette pêche lui resta un moment. Il finit tout de même par secouer la tête. Sibyl n'avait pas le droit de se sentir responsable, n'étais-ce pas lui qui avait suggéré la pêche au départ ? Bien sûr il aurait aisément pu se douter qu'il n'y avait pas dans ces flots boueux une carpe bleutée mais il n'avait pas changé... Au fond il était resté ce même jeune garçon qui tentait d'impressionner son amie par des actes qu'il qualifiat pour lui-même d'héroïque mais qui facilement passaient pour pathétique. - Vous vous êtes toujours tenue pour responsable de mes bêtises ! ria-t-il. Il posa son bras bandé sur ses genoux. Comment avait-il pu oublier la jeune gitane ? Son esprit lui faisait réèllement défaut et il fallait dire que pour toutes les menaces de mort qu'on lui avait faites cette amnésie n'était sûrement pas toujours pour lui déplaire. Elle était d'une douceur incroyable, comme une mère... Du moins comme les souvenirs qu'il en avait. Comme il l'aurait bien vue dans le château Van Evenschlass dans une soirée élégante... Comme il aurait aimé qu'elle vienne... Mais comme elle ne supporterai pas de voir en face la crauté de sa communauté... - Je ne peux que vous remercier pour vos soins, Sibyl. Toutefois l'usure que vous avez dû faire subir à votre jolie robe me désole. Je ne pense pas que vous aimiez les toilettes complexes des riches personnes mais croyez que si vous en avez un jour l'utilité j'en aurais une chez moi pour vous.Il avait bien pensé auparavant voir Noura dans ces splendides atours... Mais qu'en ferait-elle ? Si elle était destinée à servir des soiffards ou pire encore des "chasseurs", démons humains venus pour détruire les créatures dites de la Nuit Friederich ne l'aurait sûrement pas supporté. Un jour la gitane se marierai... Il osait espérer que ce jour là elle accepte de revêtir des chausses... Il en avait de très belles composant la toilette... Il resta immobile et calme. Au loin, une lueur annonçant le soleil pointait lentement. Derrière les montagnes le coq ne tarderai pas à chanter. - Si votre père découvre la vérité vous aurez en ma demeure ce qu'il faut pour vivre.Il avait murmuré ces paroles avec faiblesse, comme pour lui-même. Il releva son regard vers la gitane et lui fit un radieux sourire empli de bonté. |
|  | | Sibyl Von Lilie Humaine / Gitane / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne

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 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Sam 24 Nov - 16:15 | |
| La Gitane fit un petit signe négatif de la tête à l’égard du Voleur, esquissant un geste de la main comme pour l’informer que ce n’était rien. Après tout, elle n’avait fait que ce que nombre d’autres personnes auraient fait à sa place. Qui aurait eu la cruauté de laisser cet homme blessé seul, de l’abandonner à son sort ? Elle s’était contentée de lui porter secours. Même si elle sentait encore la chaleur de la main du Lycanthrope contre sa peau. Comme elle aurait voulu reprendre cette dernière entre ses doigts, la serrer, ne plus jamais la lâcher, ne plus jamais le quitter… Oh, comme elle aurait voulu que cet instant s’éternise, ne se termine jamais ! Comment avait-elle seulement pu passer autant d’années de sa vie sans le son de sa voix, sans pouvoir poser ses yeux bleus sur lui, chaque matin, et sourire, lui qui illuminait chacune de ses journées ? A présent, toute rancune avait disparu du cœur de la Bohémienne, ne laissant en elle qu’un puissant trouble qu’elle s’efforça de masquer en baissant les yeux et en souriant :
- C’est à moi de te remercier pour ta générosité. Souffla-t-elle, le regard fixé sur une minuscule fleur blanche qui pointait au milieu de l’herbe sombre. N’importe qui aurait fait de même à ma place…
Mais, en ce moment même, pour tout l’or du monde elle ne l’aurait échangée sa place. Elle qui pensait que ces purs moments de bonheur passés en compagnie de celui qu’ils appelaient jadis le Roi des Voleurs avaient été à jamais perdus lorsque celui-ci s’était enfuit du jour au lendemain. Lui qui avait toujours passé pour un héros à ses yeux ! Mais, à présent, l’estime qu’elle avait pour Friederich remontait en flèche, tandis que la jolie brune savourait ces derniers instants passés en sa compagnie. Car déjà les lueurs du jouer pointaient par-delà les montagnes, et Sibyl savait pertinemment qu’elle ne pouvait se permettre de trop tarder. Que dirait son père en la voyant revenir de la forêt, le visage pâle, la robe déchirée, mais un sourire extatique sur le visage ? Nul ne doutait que la jeune fille passerait certainement le restant de ses jours enfermée dans sa chambre, ou du moins jusqu’à ce que quelqu’un – la vieille Diseuse, probablement – réussisse à face entendre raison au Chef.
-Si votre père découvre la vérité vous aurez en ma demeure ce qu'il faut pour vivre.
Elle releva vivement la tête, comme stupéfaite, se demandant si elle avait bien entendu. Après toutes ces années d’absence, sans aucune nouvelle, le voilà qui… ? Mais le sourire présent sur le visage du Voleur confirma ce qu’elle pensait. Chamboulée par cette mimique radieuse, hésitant entre le rire et les remerciements, la Gitane lâcha finalement, un léger sourire aux lèvres, et surtout, le cœur battant la chamade :
- Encore une fois, merci Friederich… Mais rassure-toi, mon père ne saura jamais rien de tout ceci.
Alors qu’elle marquait une pause, son sourire s’agrandit, illuminant son visage fin, et la jeune femme termina sur ces mots, ses yeux d’azur pétillants de malice :
- Après tout, n’oublie pas à qui tu as affaire !
Et d’un geste souple, elle se releva, s’apprêtant à rentrer, retirant d’un geste prompt les brins d’herbe qui se seraient attardés sur son jupon. Si lui était un Voleur, elle aussi en était une ! N’était-elle pas la fille du Chef, après tout ? Et puis… ne la disait-on pas magicienne ? _________________ • Ce ne sont pas les ailes qui font l'ange... • |
|  | | Friederich Von Bronlow Lycanthrope / Roi des Voleurs

 Nombre de messages: 37 Age: 22 Localisation du Personnage: Là où la lune s'éveille et le soleil se meurt Race/Statut: Lycanthrope / Roi des Voleurs Camp: Insurgés Date d'inscription: 23/08/2007
 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Mar 27 Nov - 22:06 | |
| Oh non, Friederich n'oubliait pas à qui il avait à faire ! Sibyl était le Vent, un souffle indomptable venu d'ailleurs qui traversait sans se soucier les âmes et les coeurs. Nombreux dans le camp et les villages d'escales étaient les hommes ayant voulu voir ce qu'il se passait sous ces jupons bleutés. Friederich n'avait jamais eu d'aussi sotte pensée et il se souvint dans un éclat de cet homme qu'il avait un jour violemment frappé alors qu'il avait juste posé les yeux sur la jeune fille. Oh, jamais la bohémienne ne le saurait ! D'ailleurs quelques années après il avait un soir de pleine lune mystérieusement disparu. La jeune gitane avait été pour lui une soeur de coeur et jamais il n'avait supporté qu'un homme sans vergogne jète sur elle un de leurs regards d'admiration malsaine. Cependant le lycanthrope ne connaissait que trop le chef des gitans. Il se leva et prit Sibyl par les épaules. Il put sous ses mains sentir une peau satinée et agréable. Non, la jeune fille n'avait en rien changé. - Je vous connais, Dame Sibyl, mais je n'oublie pas que vous avez tous les traits de votre père.Il n'avait pas tort. Le Père et la Fille, deux forces de la nature qui toujours tentaient de se fuir... Mais sur le globe Friederich était persuadé que jamais il ne trouverait un homme aimant autant sa progéniture. Le lycanthrope, ce chiant puant comme on le nommait avait eu l'audace de considérer la gitane de porcelaine comme sa soeur... Erreur ! Friederich plissa les yeux. Les raisons de son départ se redessinaient peu à peu dans son esprit. S'était-il battu avec le chef l'amour de la jeune femme ? L'amour d'un père pour sa fille et d'un frère pour sa soeur ? Balivernes ! Cette dernière parole dans sa pensée lui rendit le sourire. Evidemment ! Ceci ne pouvait être plausible ! Du moins voulait-il le croire. - Vous n'avez à me remercier en rien, Sibyl. Si vous voulez garder le résultat de notre pêche... Vous en aurez ainsi vous aussi un souvenir ! Faites toutefois attention à ses... crocs ?Le poisson gisait misérablement, les yeux vitreux et la bouche bée. C'était là un bien piètre cadeau... Mais peut-être trouverait-elle à l'intérieur de cet odieux cadavre un cadeau inestimable... - Je me vois dans l'obligation de fuir. Une autre fois allez vous me dire ! Mais cette fois-ci je vous dit à très bientôt.Le Voleur embrassa tendrement la gitane sur sa joue fraîche et disparut dans les fourrées. De la bouche du poisson mort s'échappait une lueur anormale, comme une lumière qu'on aurait allumée du fond de ses entrailles... |
|  | | Sibyl Von Lilie Humaine / Gitane / La Fille du Chef, Voleuse et Rêveuse, dite Magicienne

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 | Sujet: Re: Pêche au clair de lune... Sam 15 Déc - 16:14 | |
| Que s’était-il passé entre le moment où elle s’était levée et celui où le Voleur la prit par les épaules ? Elle n’en savait rien. Elle ne savait même plus. A présent, plus rien d’autre n’importait que le regard troublant et mystérieux du jeune homme, dont les mains viriles s’étaient refermées sur sa peau fragile. Si elle parvenait avec grand-peine à maîtriser ses tremblements, la Gitane ne pouvait retenir les battements frénétiques de son cœur qui tambourinait violement dans sa poitrine. Pouvait-il le sentir battre, lui aussi ? Pouvait-il l’entendre, pouvait-il percevoir son souffle haletant, brûlant ? En cet instant même, elle priait de toute son âme pour que la réponse soit non. Jamais… Jamais ô grand jamais il ne devait savoir. Elle ne pouvait pas, elle ne devait pas… Elle n’avait pas le droit…
-Vous n'avez à me remercier en rien, Sibyl. Si vous voulez garder le résultat de notre pêche... Vous en aurez ainsi vous aussi un souvenir ! Faites toutefois attention à ses... crocs ?
La Bohémienne ne pu qu’hocher la tête, un sourire crispé sur son beau visage. Qu’aurait-elle pu faire d’autre ? Si elle avait commencé à parler… sa voix l’aurait aussitôt trahie. Détournant le regard, elle posa ses yeux bleus sur le cadavre de la bête qui gisait non loin d’eux. Inanimé, les yeux vide et la bouche béante, il semblait tout ce qu’il y avait de plus mort. Et pourtant, quelque chose n’était pas normal. Mais quoi, Sibyl ne su le dire, car déjà, le Lycanthrope lui faisait ses adieux. La gorge serrée, elle releva la tête, s’apprêtant à protester, à le retarder, le supplier de la raccompagner. De rester avec elle, juste encore un peu… Lui dire encore une fois combien il lui avait manqué…
Mais tout cela, elle ne pu le faire. Pétrifiée, subjuguée, elle sentit les lèvres se poser doucement sur sa joue, qui lui paru brusquement brûlante. Et tout se mit à tourner autour d’elle. Le souffle court, la Gitane se recula brutalement, comme horrifiée par sa réaction, terrorisée par ce qui venait de se passer. Mais Friederich n’était plus là. Il s’en était allé, vif, insaisissable. Comme toujours. Une fois de plus, elle n’avait pu le retenir… Se laissant tomber à terre, Sibyl ferma les yeux, inspirant profondément. Son cœur continuait à battre aussi fort que le tonnerre, et ses joues, habituellement d’une exquise couleur d’albâtre, étaient à présent aussi vives que les pétales d’une rose rouge. Non, elle ne devait pas… Et pourtant, ce soir là, toute la fougue et la puissance des sentiments qu’elle avait jadis éprouvés à l’égard de cet homme refaisaient surface. Il avait suffit d’un regard, d’une étreinte…. D’un baiser…
Pourquoi…
[…]
Au bout d’un long moment, la fine silhouette de la Bohémienne se dessina à l’orée de la forêt, ses boucles brunes faiblement agitée par la brise matinale. Au loin, le soleil levant illuminait les montagnes, et ses rayons dorés se reflétèrent dans l’anneau qui luisait à présent à l’un des doigts de la jeune femme, tandis que celle-ci se dirigeait lentement vers le campement. Un doux sourire illuminait son visage, et ses yeux bleus affichaient un air plus rêveur encore que ceux qu’on lui avait jamais vu jusqu’ici…
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