Des tresses dans mes cheveux
Détresse dans mes yeux
Long est le chemin
Triste et sale
Au bord de ce chemin
Moi, princesse de rien
J'aurais voulu ta main
Pour danser sans fin
Des fleurs se sont fanées
Je les ai ramassées
Dans mes cheveux tressés
Je les ai glissées.
Une voix douloureuse s'éleva dans le château, fragile et morcelée. De la grande fenêtre du château s'échappait un voile de lune qui jetait au hasard ses éclats dans le grand hall. Des yeux oranges s'élevèrent vers l'astre nocturne avec une nostalgie incroyable. Ylania leva vers l'astre une bouteille en cristal et sourit étrangement. Dans le récipient se trouvait un liquide laiteux et épais qu'elle but avidement avant d'éclater de rire et de s'asseoir lourdement sur les grands escaliers de marbre. Ses canines démeusurément longues scintillaient à la lueur lunaire et toute la beauté de ses traits se devinait avec élégance. La grande toilette d'Ylania orange claire changeait de tons et de couleurs selon les vacillations des bougies alentours et semblait danser au grès des rires infernaux de la dame. La folie s'entendait, se lisait, se devinait... devait se faire craindre. La prédatrice avait ouvert les yeux. Elle avait bu, elle avait faim... faim de sang.
Languissante elle ne se relevait pas et continuait à se délecter de sa délicieuse boisson enivrante tout en admirant la lune une main posée nonchalament sur la rampe d'escalier toute de bronze faite. Les lieux étaient enchanteurs et regorgeaient de merveilles insolites. Ylania aimait le château et même si elle ne comptait pas parmi les vampires les plus prestigieux Sasha fut bien obligé de la laisser errer dans les lieux. Elle n'embêtait personne d'après tout ! Elle était là à boire et à rire seule enterrée vivante dans le tombeau de sa folie meurtrière. Les étoiles dansaient haut dans le ciel et virvelotaient inlassablement au fil des heures. Ciel, quel spectacle magnifique ! C'est celui qu'elle laissait voir aux enfants juste avant de leur donner le baiser de la nuit éternelle, songe sans fin qui les berce dans le néant.
Le vampire ferma les yeux et écouta, entendit... Des pas d'un rat, néfaste nuisible ? Etais-ce donc possible ? Devrait-elle en ce début du soir partager sa succulente solitude avec ces bestioles nuisibles ? Avec un cri de rage Ylania fracassa son cadavre de bouteille contre le sol et jeta un débrit coupant avec une précision déroutante. Le rongeur se raidit et se confondit avec les ténèbres immobiles et inquiétantes.
Le vampire se releva et s'épousseta. Elle secoua la tête comme si elle venait de sortir d'un songe et reprit doucement les paroles de son poème sur un air nouvellement conçu par Lully tout en se balançant de droite à gauche.
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Je ne suis sourde qu'aux désirs de ceux que je n'attends pas. Je sais, je devine, je sens comme le loup hume ses proies dans le vent...Ylania marcha à travers le hall, lente et mystérieuse, le regard fixé sur le pan d'un lourd rideau de velours. Un sourire imperceptible pouvait se lire sur ses lèvres diaphanes.
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Que fais-tu là je veux savoir, que ne sors-tu point de ta cachette ? Suis-je effrayante à ce point moi l'Holleinstein si fragile, si vulnérable ?Le vampire avait lâché ces paroles ironisantes avec un soupçon d'ironie cruelle. Elle s'approchait du rideau lentement, doucement...
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N'aie plus peur... J'arrive, nous allons pouvoir nous amuser !Ylania ouvrit énergiquement le rideau et resta de marbre devant la personne qu'elle trouva en face d'elle. Un sourire macabre se dessina lentement sur son visage et elle mit sa main sur les yeux de la personne lui faisant face.
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Dis maintenant aux ténèbres ce qui te fait tant peur mon enfant...