Nikita Belyakov-Van Kraft Maître de la Société Secrète des Enfants du Soleil / Admin

Nombre de messages: 173 Age: 18 Localisation du Personnage: Vaguement vivant dans la forêt Race/Statut: Inconnue/Maître des Enfants du Soleil Camp: Le mien, bien sûr ! Date d'inscription: 12/08/2007
 | Sujet: Farewell Moscow Sam 16 Fév - 13:24 | |
| Au XIXème siècle, à Moscou, la mode était à la fête, aux tziganes, aux beuveries. Les fastes et la débauche se côtoyaient de près, et que l'on commence au champagne ou à la vodka, on finissait toujours dans le même état. Prolonger éternellement les nuits en compagnie des danses, de l'alcool, de la bonne chère et des chants - des chanteuses, aussi. La Révolution s'est répandue partout dans le monde, mais pas en Russie ; les Russes ont toujours treize jours de retard sur le calendrier et les nobles trouveraient encore salissant de travailler. Tout ce que l'on sait faire, c'est faire la fête. Au XXème siècle, cette fête devient un rêve. On sent bien que la réalité n'est plus, que tout cela n'existe que parce que nous le faisons vivre de toute notre âme slave. La bourgeoisie et les marchands gagnent en pouvoir, ou du moins en richesse, et nous ployons sous le poids de nos dettes et de nos misères. C'est la fin d'une époque, le suicide d'un temps, et toute cette vie, nous ne la retrouverons qu'ici. A Paris...1917Les Rues de Moscou grondent, et si le tsar ne le sent pas encore nous le voyons de nos yeux. Les mutineries se succèdent inlassablement ; la défaite de la guerre russo-japonaise nous a humiliés, l'épisode du cuirassé Potemkine - même s'il date de bien des années - grave dans nos esprits le souvenir de la Révolution de 1905. Les cris bolcheviks sonnent pour nous, Russes Blancs, le glas d'une époque qui fut fastueuse. Bientôt, le tsar va choir et nous les nobles l'accompagnerons jusque dans les tréfonds de l'Enfer. Nous devons fuir la Russie. Les plus avisés d'entre nous ont déjà déplacé leur argent, leurs biens et leurs capitaux en France. Bientôt nous abandonnerons nos terres, notre histoire, notre vie passée ; nous irons à la Ville Lumière et nous délecterons de sa beauté. Adieu, tchernoziom d'Ukraine, adieu, steppes sibériennes... Adieu, Moscou ! Traversons les mers, car le sang va couler et rougir la neige. Que les lumières de Paris soient notre phare ! 1927Voilà dix ans que la guerre est finie, que nous avons quitté notre pays. Nous, qui étions les princes et les ducs de l'Impériale Russie, ne sommes plus rien aujourd'hui, à Paris. Certains sont devenus chauffeurs de taxi, je connais pour ma part un grand prince qui exerce la profession de journaliste dans un papier sans grande importance. Une chose nous réunit encore, malgré tout : l'amour de la fête, notre esprit slave incessant qui nous pousse à oublier tout le reste pour une bouteille de champagne, de la danse, du chant et de la balalaïka. Les tziganes qui ont fui le régime rouge à leur tour nous gratifient de leur musique sublime et nos princesses déridées dansent comme aucune Française ne saurait le faire. La France nous a bien intégrés, il faut dire que nous avons un art de la fête très certain, ce qui a fait de notre communauté l'une des plus en vogues. Les riches bourgeois aiment à embaucher un prince comme chauffeur, à se régaler de nos boissons et de notre nourriture aussi riche et variée que le sont nos caractères. Nous ne sommes jamais les mêmes deux jours d'affilée : si lundi nous rions, il est très possible que mardi nous pleurons ou rageons. Ainsi sont nos noces, incessantes, longues et jamais les mêmes ; toujours riches en émotions et en beauté. A la fin de la guerre, les moeurs se sont grandement relâchées : des femmes traînent dans les rues, célibataires et pour bien des années ; bien des hommes sont cachés dans les hôpitaux et appelés avec une pitié faussement compatissante les "Gueules Cassées". On essaye de ne pas trop les regarder, de ne pas faire attention et d'ignorer les atrocités de la guerre, on essaye de se griser à l'aide de spiritueux et de musique. Le conservatoire Rachmaninoff forme nos futurs grands musiciens et offre aux amoureux d'authenticité une vraie cuisine russe à des prix dérisoire. Le plus haut lieu de notre culture, le pavillon des Russes des années folles reste cependant à nommer. Il s'agit du Novy, un richissime cabaret russe tenu par les princesses Tchekslov qui a pignon sur rue à Montmartre. Dans une ambiance feutrée de rouge et d'or, tziganes et nobles russes se mêlent à d'autres cultures, d'autres civilisations et d'autres émigrés qui nous comprennent ; mais aussi à des espions turcs et allemands qui se font passer pour des slaves... Pénétrez le cercle russe, entrez dans la vie la plus folle que vous ayez jamais imaginé. _________________   L'admin viole toutes les règles de son forum, n'est qu'un sale manipulateur, est infidèle, ne pense qu'à bouffer, est fou de vaches, cause à ses peluches, engueule son portable... Enfant du Soleil, ouvre tes yeux de citrine à la lumière du jour... |
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