Histoire : Noura est née aux bordures de la ville d’Athènes au Vème siècle avant J.C. Fille d’un aubergiste et d’une serveuse, elle n’a jamais connue l’horreur durant son enfance. Son monde était paisible malgré les quelques batailles où son frère, un pêcheur, avait du combattre.
Elle était la petite dernière des dix enfants de la fille, la préférée, la choyée. Ce fut sans doute pour cela qu’on lui prépara le meilleur des avenirs, à l’anniversaire de ses 18 ans, on la maria avec le riche fils d’un sénateur d’Athènes. De petite serveuse, elle passa à femme de haut rang.
Malheureusement, son époux décéda alors qu’il combattait au cœur de l’armée d’Athènes. Elle en fut moyennement affectée, son mari était médiocre partout et timide, cela ne l’avait pas engagée à l’amour juste de la compassion.
Veuve à 19 ans, elle dut se remarier avec le second fils du sénateur qui ne voulait pas la laisser partir pour une réclusion dans un temple.
Ce nouveau mari était tout le contraire de son frère, passionné, excellent dans tout ce qu’il entreprenait et d’un physique à couper le souffle. Il était malheureusement violent à ses heures perdues et courait les maisons closes.
Il n’osait pas toucher son visage de peur des représailles de son père mais ne se gêna jamais pour lacérer son dos et ses jambes.
Trois ans passèrent ainsi dans cette maison sans que le moindre signe de grossesse ne se déclare, c’était sans doute tant mieux pour cela, le père aurait sans doute tué son enfant à force de coups.
Mais le jour même de l’anniversaire de son mariage, il décéda. Personne ne sut jamais de quelle manière, Ima, elle, se doutait que la femme brune parmi les prostituées de la ville, devait y être pour quelque chose et c’est pourquoi, admirant son courage et sa force, elle ne la dénonça pas.
L’année qui suivit fut une succession de catastrophe pour Noura, veuve une fois encore, on la rejeta de la haute société, ses parents ruinés, ne purent la reprendre sous leur toits. Durant cette année, elle apprit par un malheureux hasard, que le frère qu’elle aimait le plus, avait été vendu au marché des esclaves.
Pour le retrouver, elle embarqua clandestinement dans un bateau qui transportait des esclaves. Dès le premier jour, elle fut éblouie par l’allure du capitaine qu’elle rencontra alors que, cachée dans des vêtements d’hommes, elle effectuait le travail de mousse. A sa grande déception, il ne la remarqua pas mais cette rencontre lui noua les tripes.
A sa surprise la plus totale, elle s’adapta très vite aux mouvements du bateau et n’eut pas ce que l’on appelait le mal de mer. On lui donna les tâches les plus ingrates comme nettoyer le pont mais elle ne s’en plaignait pas, celles des matelots n’étaient pas à la portée d’un corps aussi fragile que le sien.
Le voyage lui plut beaucoup, au point qu’elle en oublia la raison, elle aimait regarder à ses heures perdues l’immensité d’une mer le plus souvent calme. Rien ne venait briser sa quiétude, pas même les pleurs des esclaves cachés dans les calles.
Durant ce long voyage en mer, elle ne remarqua jamais le regard du capitaine sur elle, heureusement car les canines qu’on entrapercevait dans ses moments là, auraient fait disparaître le plaisir d’être désirée. Les marins, quant à eux, ne prêtaient aucune attention à ce mousse particulièrement rêveur, ils passaient à côté d’elle sans la voir.
Ce n’est que le jour où ils accostèrent sur une plage qu’elle se rappela la raison de sa venue et, alors qu’ils allaient s’amuser en ville, elle descendit voir les esclaves. Son frère était là, ce fut le premier homme qu’elle vit mais, alors qu’elle allait se précipiter sur lui, une main l’attrapa au poignet tandis que l’autre se posa sur sa bouche.
Pendant qu’on la ramenait en haut dans une cabine luxueuse, elle comprit qu’il s’agissait du capitaine et l’appréhension la rendit muette. Quand il la lâcha, elle ne dit rien, le fixant de ses grands yeux bleus pleins d’espoirs malgré les épreuves de sa vie.
Il ne parla pas pendant un long moment de silence où il se contenta de la regarder, tremblante de peur puis, son geste suivant fut de caresser sa joue pâle avec une tendresse qu’il ignorait posséder.
Ce qu’il lui demanda la cloua sur place, elle qui pensait qu’il ignorait jusqu’à son existence venait de recevoir un marché, il lui accorderait une demande en échange de son corps pour l’éternité.
Ces paroles la firent trembler un peu plus mais plus de peur, désireuse d’assouvir ce à quoi la poussait la chaleur dans son bas-ventre, elle posa ses lèvres sur celui du capitaine. C’était une chaleur qu’elle n’avait jamais ressentit avec ses deux époux, une chaleur qui la laissa pantelante entre les bras du vampire qui en profita pour boire son sang.
Haletante, désorientée, elle ne se sentit pas dériver vers une mort certaine. Quand on lui présenta un liquide chaud à sa bouche, elle ne se posa pas de question et ne l’aurait pas pu de toute façon, et but.
Le lendemain, elle se réveilla avec la sensation de n’être plus la même, elle ne sentait pas la chaleur de la couverture sur son corps ni la fraîcheur du vent sur son visage. On l’avait habillée d’une robe rouge sang et elle avait à son un collier en or tout simple qui avait en son centre, une pierre émeraude.
Elle était seule dans la cabine du capitaine et en se rappelant de la veille, elle se mit à rougir de honte mais aussi de plaisir.
Dehors il devait faire jour mais quand elle se rapprocha de la fenêtre et voulut pousser le rideau noir la sensation de picotement l'en dissuada, ce n’est que lorsqu’elle se leva qu’elle remarqua le miroir sur le mur devant elle.
Le miroir reflétait son visage, elle était pâle, très pâle et ses canines dépassaient légèrement de sa bouche...
Posant sa main sur sa bouche pour étouffer un cri d’horreur, elle s’avança vers le miroir et posa sa main dessus. Son autre main se leva pour toucher ses deux bouts blancs qui la gênaient. Elle ne sut pas comment elle fit, mais, ses dents semblèrent moins longue.
Lorsqu’une voix s’éleva en direction de la porte, elle sursauta et se retourna. C’était le capitaine, il s’avança vers elle et la souleva sans aucune difficulté pour la rallonger sur le lit. Il lui dit d’une voix tendre qu’elle devait se reposer, que la transformation l’avait fatiguée, que dès qu’elle le lui demanderait, il exécuterait le vœu qu’elle lui demanderait.
Quand elle se réveilla plus tard dans la journée, il était là, assis dans un fauteuil, comme un roi, avec une grâce incroyable. Si son cœur n’était pas mort, il aurait battu pour cet homme qui dardait sur elle un regard empli de désir.
D’une voix rauque et sensuelle qui lui arracha des frissons, il lui demanda son vœu. Sans prendre le temps de réfléchir, elle lui demanda de relâcher l’homme parmi les esclaves, celui qui avait une place particulière dans son cœur.
A sa grande surprise, les yeux du vampire se teintèrent de jalousie et à sa demande, enfin, jusqu’à ce qu’elle précise qu’il s’agissait de son frère. La réaction de cet homme la laissa interdite et elle ne remarqua même pas qu’il s’était rapproché, jusqu’au moment où il l’embrassa dans le creux de son cou, la faisant frissonner.
Le soir venue, elle apprit qu’on avait relâché l’esclave venu d’Athènes alors qu’elle se promenait sur le pont dans sa robe. Pour une fois depuis tout le voyage, les marins remarquèrent sa présence mais ne firent pas le lien avec le mousse.
Le capitaine s’était occupé d’elle toute la journée, la séduisant par des mots tendres et lui faisant l’amour avec sa bouche. (Pas d’inquiétude, c’est le seul moment un peu guimauve ^^).
Il l’emmena en voyage dans le monde entier, se mêlant à des populations différentes quand on commençait à remarquer qu’ils ne vieillissaient pas.
Durant l’Inquisition, elle se retrouva accusée de sorcellerie et dut s’enfuir alors que son amant défendait l’entrée de leur maison contre les villageois en colère. La dernière image qu’elle garda de lui fut le moment où il s’écroula au sol.
Pendant le siècle qui suivit, elle ne fit que survivre, ayant des relations d’une nuit avec des hommes très beau mais dont l’odeur la révulsait, le moyen-âge la révulsait par le manque d’hygiène des populations mais elle ne pouvait pas quitter ce monde au risque de mourir de soif.
Elle participa à la Guerre de Cent ans, sans doute dans l’espoir de recevoir une épée en plein cœur mais cela n’arriva pas et en compagnie des Anglais, elle assista à la mort de Jeanne d’Arc, repensant à la chute de son amant qu’elle n’osait pas espérer croire en vie.
Par fierté, elle n’essaya jamais de se nourrir pour mourir, elle ne devait pas lâcher prise à cause de ses fous.
Dès qu’on découvrit l’Amérique, elle embarqua sur un bateau et s’y installa. En 1657, elle se prostitua, invitant une multitude d’hommes à partager ses draps mais seuls les plus beaux purent la toucher, les autres se retrouvèrent égorgés par ses bons soins pour se nourrir et récupérer leurs bourses.
Jusqu’à maintenant, personne ne s’est posé la question du pourquoi ceux qui allaient la voir ne revenaient pas toujours, elle réussit toujours à ce que les morts passent inaperçus et même si elle a moins de succès que la catin favorite, il n’empêche qu’elle a suffisamment de clients pour
que la gérante ne l'a mette à la porte.(Première histoire que je fais aussi longue, j'espère qu'elle vous plaira.)